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Gabriel Lussault, de Marçay (Vienne)
Gabriel Lussault, installé à Marçay (Vienne), passe du métier de menuisier à celui de mécanicien-horloger. Autodidacte, il conçoit ses premiers mécanismes avec des outils et des moyens rudimentaires, et développe progressivement un véritable atelier d'horlogerie. Il décède à Marçay à l'âge de 63 ans.
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Les débuts à Marçay en 1865
Inventer, simplifier, fiabiliser
Dans un grenier de son village, Gabriel Lussault présente au curé un assemblage ingénieux réalisé à partir de pièces récupérées sur deux coucous hors d'usage : il en a tiré une horloge simplifiée, perfectionnée, et d'une précision alors inédite localement. À la question de l'apprentissage, il répond qu'il a observé, réfléchi et travaillé.
Le curé l'encourage et le soutient. Cette étape marque le début d'un cheminement où l'expérimentation, la recherche de simplicité mécanique et la fiabilité deviennent des principes structurants.
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Transmission et montée en compétence
Travail à deux et premières réalisations
Gabriel Lussault partage ses goûts pour la mécanique avec son filleul Pierre, menuisier lui aussi. Ensemble, ils réalisent trois autres horloges et affinent leur maîtrise. L'idée s'impose ensuite de réaliser une horloge pour la basilique de Lourdes, avec l'ambition explicite de devenir les horlogers du sanctuaire.
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Lourdes : 1873–1874
Une horloge pour le sanctuaire
Ils écrivent au Père Sempé, supérieur des Missionnaires, qui accepte l'offre. L'horloge est prête en août 1873.
Pour réduire les frais de voyage, ils rejoignent le pèlerinage d'Angoulême (10 septembre), arrivent à Lourdes le 11 septembre 1873, et commencent immédiatement l'installation. La basilique est alors encore un bâtiment de chantier, servant de "bureaux" aux services des pèlerinages.
L'horloge est conçue pour sonner les heures et les quarts, sur trois timbres (trois cloches) décrits comme particulièrement harmonieux, fondus à Paris et harmonisés avec les grandes cloches de la basilique. Après la pose des timbres, les cadrans sont fixés.
Pendant ces travaux, une commande venue de Dublin arrive : la réputation de l'atelier dépasse déjà le cadre local.
En août 1874, les Annales de Notre-Dame de Lourdes mentionnent l'installation : deux artisans de Marçay, issus d'un milieu modeste, devenus horlogers après un premier essai réussi pour leur paroisse, offrent au sanctuaire une horloge au mécanisme simple, associée à trois cloches, rappelant aux pèlerins le passage du temps au pied de l'Immaculée.
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1885 : adaptation et puissance accrue
L'horloge fonctionne très régulièrement jusqu'en 1885. Avec l'essor des pèlerinages, les responsables de Lourdes demandent alors un mécanisme plus puissant et plus complet, mieux dimensionné pour l'importance grandissante du site. Entre la première installation et cette évolution, les horlogers intègrent des perfectionnements issus des meilleures pratiques de fabrication de l'époque.
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Un tempérament discret, une probité reconnue
Gabriel Lussault est décrit comme un homme modeste, peu porté sur l'apparence, resté jusqu'à sa mort sacristain de son village. Une anecdote rapportée à Poitiers résume sa réputation : lorsqu'on doute de ses capacités, un prêtre répond qu'on peut le croire, car il est reconnu comme l'un des hommes les plus droits qu'il ait connus.